11 Jul

L’artiste qui porte la voix de la jeunesse koweïtienne

Najd Al Taher est l’artiste à suivre

Written By Amina Kaabi

Pendant que la plupart d’entre nous passaient leur adolescence à se rebeller et à s’attirer des ennuis, Najd Al Taher l’a passé à imaginer des scrapbooks rendant hommage à ses musiciens préférés. C’est à travers cette soif d’harmonie visuelle que Najd Al Taher s’est intéressé au design graphique.

 

La Koweïtienne de 24 ans a ensuite poursuivi ses études en étudiant l’art à l’université américaine de Koweït où elle a reçu son diplôme avec mention en 2016. Najd Al Taher est devenue l’une des rares personnes de la région  à gagner le prestigieux prix de la Fondation Crossway (pas une, mais deux fois).

 

Afin de ne pas se sentir enfermée dans un genre, elle est devenue une véritable artiste pluridisciplinaire, célèbre tant pour ses graphismes que pour ses photographies innovantes et colorés. Fin 2016, Al Taher inaugurait sa première exposition en solo à Dar Al Funoon intitulée Fulfilment.  

 

 

Ses séries photos et une grande partie du travail qu’elle a rendu public durant les dernières années avaient pour but de secouer la région en offrant un autre regard sur différentes perspectives et en démantelant les tabous.

 

Nous avons rencontré l’artiste pour parler de comment elle parvient à maitriser différents médiums et de comment la région l’inspire.

 

 

Comment avez-vous découvert le design graphique ?

Je ne connaissais rien du design graphique. J’ai fréquenté une école publique au Koweït et on ne m’a jamais rien enseigné qui soit en lien avec le design, mais lorsque j’ai réalisé mon fan book,  je me suis surprise moi même et c’est là que j’ai découvert ma passion pour l’art et plus particulièrement pour le collage. En ce qui concerne la photo et la vidéo, dès mon jeune âge, je me suis toujours amusé avec des appareils photos et des caméras à créer des courtes vidéos. J’ai commencé avec des caméscope VHS et des caméras à pellicule puis j’ai évolué avec le temps.

 

Vous avez expérimenté différents médiums, lequel est le plus en harmonie avec ce que vous cherchez à créer ?  

Après avoir tout essayé à travers le temps j’ai réalisé qu’ils étaient tous assez similaires. Je pensais que la vidéo me donnait plus de latitude et un impact plus important au message que je voulais délivrer mais j’ai par la suite réalisé que j’avais tort et que la photographie conceptuelle et le design graphique pouvaient être aussi puissants si ils étaient bien exploités.

 

Qu’est ce qui inspire vos oeuvres ?

J’ai toujours porté une regard jeune et moderne sur tous les projets que j’ai entrepris. Au delà de ma propre perspective sur les sujets que mes oeuvres abordent, j’essaye de porter la voix de la jeunesse et de mettre en avant leurs perspectives et points de vue sur les sujets tabous, la plupart du temps avec une approche décalée à l’extrême mais toujours très crue et directe.

 

Comment la région vous inspire-t-elle ?

Tout m’inspire dans la région, de sa riche histoire à ses lois, en passant par les différentes mentalités qui cohabitent, l’architecture, les figures féminines fortes et ainsi de suite.

 

Quels sont les défis qu’impliquent être un créatif dans le Moyen Orient ?

Se faire accepter comme jeune artiste et être pris au sérieux. J’ai l’impression qu’on y est pas encore même si on est en bon chemin.

 

 

A quoi doit-on s’attendre de votre part ? De nouveaux projets ?

Je suis actuellement entrain de créer deux nouvelles séries qui réunissent photographie conceptuelle, installations et performance, qui seront rendues publiques bientôt. La poète koweïtienne Farah Alwugayan en fait partie, et je suis super excitée par rapport à tout ce qui se prépare.

 

najdaltaher.com