L’artiste qui détourne les objets du quotidien

A la rencontre de l’artiste égyptien Ahmed Badry

bySarah Ben Romdane

Ahmed Badry, l’artiste égyptien, présente sa nouvelle exposition à la galerie Letitia à Beyrouth. Intitulée Portmanteau, elle étudie notre relation avec les objets de notre quotidien. A travers l’utilisation de médias mixtes, Badry explore la manière dont nous interagissons avec ces objets et leurs fonctionnalités dans la vie de tous les jours.

 

L’intérêt de Badry pour réinterpréter les artefacts qui nous environnent lui est venu à Zurich, où les relations que les gens entretiennent avec les objets sont totalement différentes de celles qu’il avait observées chez lui, au Caire : “Je réparais alors des objets en panne,  raconte Badry, et j’ai été frappé par l’existence de ces techniciens spécialisés, dont le travail consiste à réparer les appareils, ménagers ou électriques, alors qu’en réalité, on peut tout à fait le faire soi-même. Je me suis alors intéressé à ces astuces que les gens adoptent pour surmonter les problèmes mécaniques et les dysfonctionnements quotidiens”.

 

Installation view, Portmanteau at Letitia Gallery

 

C’est ce qui a insufflé à l’artiste de 39 ans de créer des dessins, des sculptures, des photographies, des animations et des impressions 3D de “solutions temporaires” autour de ces objets du quotidien. Il les appelle des “hybrides” : “Les hybrides produisent une perturbation de la communication et génèrent la formation de nouveaux termes et de nouveaux langages”, explique Badry.

Le titre Portmanteau vient d’un mélange linguistique de deux mots, qui lève le voile sur le raisonnement créatif et intellectuel de l’artiste, il rappelle les combinaisons entre objets, tout en soulignant les aspects linguistiques qu’il met en valeur.

 

Installation view, Portmanteau at Letitia Gallery

 

En isolant ainsi de leur contexte social ces objets omniprésents autour de nous, Badry réexamine leur rôle dans la société et invite le public à repenser la relation entre la production et la consommation : “Les objets éparpillés dans le monde entier ne sont-ils que des produits passifs ou peuvent-ils perturber le système, inciter au changement et pousser à un développement ?”

Portmanteau, du 19 avril au  17 juin, Letitia Gallery, Beyrouth

 

letitiagallerybeirut.com

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