Le boxeur franco-marocain qui casse les codes

Ahmed El Mousaoui est à suivre

byAmina Kaabi

À l’âge de 28 ans, le boxeur franco-marocain Ahmed El Mousaoui a parcouru un long chemin en relativement peu de temps. El Mousaoui, 18e mondial, est le seul boxeur arabe et africain à avoir atteint les échelons supérieurs du monde de la boxe.

C’est dans les Yvelines, en banlieue parisienne, où il a grandi que le boxeur de renommée internationale a commencé sa carrière à l’âge de huit ans, après que son père l’ait poussé à rejoindre un club de boxe – une suggestion qui a fini par déboucher sur une belle carrière.

 

Courtesy of Marwen Farhat

 

Dès l’âge de 14 ans, il remporte le championnat de France dans sa catégorie, avant de poursuivre en tant que boxeur amateur et de remporter le championnat de France pendant quatre années consécutives. El Moussaoui, qui a commencé sa carrière professionnelle à l’âge de 18 ans (alors devenu membre à part entière de l’équipe nationale française), a rapidement remporté le championnat d’Europe.

 

Courtesy of Marwen Farhat

 

Sur les 33 combats que El Mousaoui a mené depuis, il en a gagné 29. Il a été sacré deux fois comme champion d’Europe par la suite et a même battu deux anciens champions du monde.

Mais malgré une carrière déjà impressionnante, El Mousaoui ne semble pas avoir envie de s’arrêter. Le boxeur a pour objectif de devenir champion du monde avant ça.

MILLE a rencontré le jeune boxeur pour parler de ses débuts en tant qu’amateur, de son récent passage en Amérique et de ce que c’est d’être un athlète africain en France.

 

Comment avez-vous commencé la boxe?

J’ai commencé à boxer grâce à mon père. J’ai suivi ses conseils. C’était une vraie passion pour lui, et ça l’est toujours. Je savais que je voulais faire du sport, mais je ne savais pas quoi choisir; J’avais essayé le karaté et le football, mais ni l’un ni l’autre ne me convenait vraiment alors je me suis tourné vers la boxe.

 

Courtesy of Marwen Farhat

 

Avez-vous toujours voulu mener une carrière sportive?

Quand j’ai commencé à boxer à huit ans, je n’ai jamais pensé que cela pourrait devenir ma profession. Mais cinq ou six ans plus tard, j’ai réalisé que c’était ça, c’était ce que je voulais faire. J’avais environ 14 ou 15 ans, alors je m’en suis tout de même rendu compte à un très jeune âge.

 

Comment était-ce de grandir en France en tant qu’Arabe?

Ca allait, ce n’était pas toujours facile mais ça allait. J’ai rarement eu des problèmes. Je suis fier d’être Marocain alors ça n’a pas été un problème pour moi de grandir en France.

Ce qui m’importe vraiment, c’est de rendre ma famille fière, ceux qui m’aiment le plus.

 

Courtesy of Marwen Farhat

 

Comment était-ce de déménager de la France vers les États-Unis?

Aux États-Unis, il existe une véritable culture de la boxe, c’est une véritable passion pour tous les Américains. Beaucoup d’organisations et les médias s’y intéressent. Ce n’est pas la même structure en France. Je pense qu’il y a au moins 50 fois plus de boxeurs aux États-Unis.

 

Compte tenu du climat actuel autour des joueurs de football internationaux en France, connaissez-vous des problématiques similaires dans le monde de la boxe?

Dans le monde de la boxe française, 70 ou 80% des boxeurs sont d’origine africaine, donc nous n’avons pas vraiment ce problème. Nous n’avons pas de souci de racisme.

Mais pour ce qui en est de la perception des boxeurs français, il faut savoir qu’en France, la boxe n’est pas aussi médiatisée que le football, donc pour l’instant il n’y a pas de problèmes majeurs.

 

Quelle est la prochaine étape pour vous?

J’aimerais travailler à conquérir ma place dans le top 10 mondial.

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