Culture café: 5 cafés typiques du monde arabe

De Tanger à Koweït City – les coins historiques à ne pas rater

byAmina Kaabi

La pause café est un passe-temps apprécié des Arabes, jeunes et moins jeunes confondus. Les cafés arabes sont des lieux très fréquentés, tant par les afficionados de la boisson que par ses buveurs occasionnels.

 

Un état d’esprit particulier règne dans ces endroits, qui ont souvent servi de refuge aux artistes, aux penseurs, aux musiciens et à tous ceux en quête d’inspiration. Et il en va ainsi depuis des siècles.

 

De Tanger à Koweït City, nous voici à la recherche des cafés historiques dont les murs ont entendu les histoires de milliers de passants, y compris celles des artistes, des intellectuels et des politiciens les plus connus. Ces établissements ont vu naître la littérature arabe, les chansons les plus populaires et même des mouvements politiques aux secrets jalousement gardés. Ils sont encore debout aujourd’hui comme autant de rappels de la richesse de nos cultures, et surtout comme autant de témoignages de nos capacités de résilience.

 

Le Fishawy – Le Caire

 

Courtesy of Guillen Perez

Construit au 18ème siècle, le Fishawy est peut-être le café le plus célèbre de la ville. Vieux de plus de 250 ans, le lieu est tenu par la septième génération de Fishawys, avec toujours, comme à ses débuts, la même vocation d’être un centre culturel – faut-il rappeler que ses salles aux murs tapissés de miroirs ont été fréquentées par le lauréat du prix Nobel, Naguib Mahfouz, qui y écrivit une partie de sa trilogie consacrée au Caire ? Le Fishawy est aussi l’endroit où se rencontraient des leaders politiques, notamment ceux qui organisèrent des manifestations contre le gouvernement anglais déguisés en étudiants.

 

El-Fishawy: El-Fishawy Alley, Khan al-Khalili, Le Caire

 

Al Hafa – Tanger

 

 

Avec son ambiance charmante et ses paysages restés intacts, la ville internationale de Tanger était jadis un centre littéraire hédoniste au milieu duquel régnait le fameux café Al Hafa. Construit en 1921, ce café à l’air libre était un point de rencontre pour certains des artistes et des politiciens les plus prestigieux au monde. L’endroit a non seulement été une source d’inspiration pour le livre tant contesté de l’auteur beat William S. Burroughs, Le Festin nu, mais était aussi un des lieux préférés de Paul Bowles et du très estimé écrivain (natif de Tanger) Mohamed Chukri.

 

Al Hafa : Marchan Tanger

 

Café M’Rabet – Tunis

 

On trouve le café M’Rabet, un des plus vieux de Tunis, à l’un des tournants de la vieille Médina, où il sert sans discontinuer depuis 1630. Juste à quelques pas de l’ancestrale mosquée Zitouna, le café-restaurant est peint dans des teintes rouges et vertes, ce qui atteste de son influence mauresque dans la Médina. L’établissement expose des œuvres d’art et des objets artisanaux remontant au 16ème siècle et sert même de lieu de sépulture pour deux saints aux noms tombés dans l’oubli.

 

Café M’Rabet: Souk Trok, Tunis, Tunisie

 

Café Younes – Beyrouth

 

Courtesy of Younes Cafe

Bien que le café n’ait été ouverte qu’en 2008, l’histoire du Café Younes remonte à 1935, quand Amin Younes a ouvert le premier torréfacteur au Liban. 75 ans plus tard, l’entreprise est restée dans la famille et a acquis une solide réputation pour ses mélanges soigneusement sélectionnés. Le fils de Younes, qui a succédé à son père en 1960, continue d’importer des grains de café du monde entier et est connu pour son habileté à trouver des mélanges inédits et pour ses techniques de torréfaction – ce qui fait du Café Younes un des endroits phares de Beyrouth.

 

Café Younes : rue Neemat Yafet – Beyrouth, Liban

 

Café Abu Nashi– Koweït City

 

 

Le café est ouvert depuis plus de deux siècles, ce qui en fait le plus vieux du Koweït. Un homme du nom d’Abu Nashi l’a construit en arrivant au Koweït en 1780. Depuis le tout début des années 1800 jusqu’à bien avant dans le 20ème siècle, l’établissement a accueilli plusieurs négociations entre des leaders politiques, parmi eux le Cheikh Salim Al Sabah Al-Mubarak, le neuvième dirigeant du Koweït. Aujourd’hui, le café est tenu par un des descendants d’Abu Nashi et est plus qu’apprécié par les Koweïtiens, particulièrement après l’évolution qu’a connu le pays durant les années 1950 et 1960.

 

Café Abu Nashi—Marché Mubarakiya, Koweït City, Koweït.

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