9 Films arabes cultes à voir absolument

Des films indépendants à petits budgets aux blockbusters, de l’Algérie à la Palestine

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Pourquoi un film devient-il culte ? Cette étrange et fort plaisante impression qu’il nous laisse après l’avoir vu, comme si l’on venait de faire une grande découverte : les films cultes du cinéma arabe sont tout simplement ceux qui nous laissent songeurs.

Les réalisateurs arabes entretiennent une relation toute particulière avec leur art. En effet, depuis le tout début de l’histoire du cinéma arabe, ils ont mis en scène leurs problèmes culturels et identitaires.

Et bien que ces productions ne puissent pas être considérées comme des blockbusters internationaux, elles ont bien mérité leur statut de films cultes à travers le temps, ne serait-ce que pour la manière, belle et réaliste à la fois, dont ils dépeignent nos particularités culturelles. Découvrez notre liste des 10 films à voir.

Al Irhab Wal Kabab – Egypte

Al Irhab Wal Kabab (Terrorism and Kebab) – EgyptAucune liste de films ne pourrait être complète sans y mentionner Adel Imam. Dans cette réalisation de 1992, l’acteur joue le rôle d’Ahmed, un Egyptien en proie aux affres de la bureaucratie. Le film commence avec Ahmed remplissant des formulaires pour solliciter le transfert de ses enfants dans une autre école, ce qui, de péripéties en frustrations, l’amène à commettre accidentellement un acte de terrorisme.

Urs Al Jalil (Noce en Gallilée) – Palestine

Urs Al Jalil (Wedding in Galilee) – Palestine
Dans ce film, le réalisateur palestinien Michel Khleifi dresse un portrait accessible mais néanmoins fidèle de la dynamique relationnelle complexe entre Palestiniens et Israéliens. Le film, tourné en 1987, raconte l’histoire d’Abu Adil aux prises avec les règles du couvre-feu imposé à son village, alors qu’il est plongé dans les préparatifs du mariage de son fils, qu’il voudrait grandiose.

Satin Rouge – Tunisie

Satin Rouge (Red Satin) - TunisiaTourné en 2002, Satin Rouge marque les débuts de Raja Amari en tant que réalisatrice. Le film est, à plus d’un titre, un véritable manifeste féministe. La metteuse en scène et auteure de scénarios tunisienne y dirige Hiam Abbass dans le rôle de Lilia, une veuve entre deux âges qui découvre la liberté après s’être produite de manière fortuite sur les planches d’un cabaret local.

Afwah Wa Araneb – Egypte

Afwah Wa Araneb (Mouths and Rabbits) – Egypt
Dans cette comédie de 1977, classique dans son genre, et cependant en phase avec son époque, Henry Barakat dirige son actrice préférée, Faten Hammama, dans le rôle de Naema. Le film aborde les thèmes du féminisme, des classes sociales et des évolutions psycho-sociales à travers l’histoire de Naema, une jeune femme qui tente d’échapper à la fois à l’emprise de sa famille et à un mariage auquel on veut la contraindre.

Sukkar Banat (Caramel) – Liban

Sukkar Banat (Caramel) – LebanonJusqu’à tout récemment, la sublime et talentueuse Nadine Labaki n’était connue qu’en tant que réalisatrice de certains de nos clips musicaux préférés. Son premier long-métrage, Caramel, s’intéresse à la vie de cinq femmes qui se croisent dans un salon de beauté de Beyrouth. Labaki, qui incarne également le personnage principal du film, nous parle de l’amour dans la société libanaise d’une manière tellement intimiste et subtile qu’elle en transcende les codes habituels des comédies sentimentales.

Mille Mois – Maroc

Mille Mois (A Thousand Months) – MoroccoTourné dans une petite ville des Monts Atlas, Mille Mois est l’histoire d’un jeune garçon marocain et de sa communauté. Mehdi, joué par Fouad Labied, évolue entre la vie de famille, l’école et les filles, en l’absence de son père, qu’il croit être en France, alors qu’en réalité, il séjourne en prison et que sa mère et son grand-père paternel s’évertuent à le lui cacher.

Bab El Hadid (Gare Centrale) – Egypte

Bab El Hadid (Cairo Station) – EgyptBab el Hadid est considéré comme l’un des plus grands chefs d’œuvre de Youssef Chahine. Le film se déroule dans la gare centrale du Caire où Kinawi, un vendeur de journaux, ne fait que fantasmer sur Hannouna, une belle jeune femme qui vend illégalement des boissons dans la gare. Chahine introduit également un troisième personnage, Abu Serib, l’homme dont Hannouna est amoureuse. Le film, sorti en 1958, se focalise sur l’obsession du vendeur ambulant envers les femmes.

El Kalaa (La Citadelle) – Algérie

El Kalaa (La Citadelle) - AlgeriaEcrit et réalisé par Mohammed Chouikh en 1988, El Kalaa est un film sur le mariage, la magie et la pression sociale. Son personnage central, Kaddour tombe amoureux d’une femme mariée et finit par lui jeter un sort. Quand la communauté découvre la vérité, le père adoptif de Kaddour se voit remettre un ultimatum : ou il marie son fils au plus vite, ou il sera contraint de divorcer lui-même de ses trois femmes.

Bab’Aziz Le Prince qui contemplait son âme – Tunisie

Bab’Aziz Le Prince Qui Contemplait son Âme (The Prince Who Contemplated His Soul) - TunisiaCe film mystique et empreint de spiritualité vient compléter la Trilogie du désert de Nacer Khmir. L’histoire commence avec Bab’Aziz, un derviche aveugle qui erre dans le désert avec sa petite-fille, en quête d’une rencontre mystique entre soufis qui se produit tous les trente ans. Le film est complexe, intriguant, riche en scènes fantastiques et en symboles religieux. En dépit d’une critique mitigée, cette œuvre de Nacer a trouvé son public parmi ceux qui apprécient les histoires inspirées tout comme celles qui traitent de la recherche identitaire.

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