Les filtres effet « chirurgie esthétique », la nouvelle alternative au bistouri

Pourquoi injecter quand on peut juste télécharger un filtre?

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Tout a commencé le jour où j’ai essayé un filtre Instagram. Je voyais les visages des amis se transformer sur leur story, et je me demandais à quoi ressemblerait le mien. Juste par curiosité.

Mais maintenant je ne peux plus m’en passer. L’un m’a rétréci le nez, l’autre m’a lissé la peau et m’a élargi les yeux, et mon préféré, m’a discrètement repulpé les lèvres. Juste assez pour une parfaite bouche de canard. La narcissique en moi jouissait à chaque coup de « likes » . La poussée de dopamine était addictive. 

Tout à coup, l’idée de passer sous le bistouri ne me semblait plus improbable, alors que, quelques mois plus tôt, j’écrivais un article sur les dangers de vouloir ressembler au filtre Snapchat.

Parmi les milliers de filtres disponibles sur Instagram, ceux de type « chirurgie esthétique » se démarquent des autres. Contrairement aux photos « facetunées » de vos influenceurs préférés, les filtres IG ne sont pas là pour tromper vos abonnés. Leurs designs sont explicites et le nom du filtre est inscrit en haut de la story. On comprend donc qu’Instagram non seulement vous encourage à utiliser les filtres yeux de biche et poupée Bratz, mais aussi à assumer ce choix de façon transparente. D’en être fière.

Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont cette étrange obsession pour la chirurgie esthétique (ou au moins s’y intéressent fortement). Il suffit de voir les milliers de profiles Instagram de chirurgiens esthétiques qui cumulent les abonnés. Mais si l’on ajoute à ça, l’effet d’Instagram sur la perception de soi, ça pourrait devenir sérieusement dangereux. Il a été prouvé que les selfies filtrées sur Instagram brouillent la distinction entre le vrai et le faux, et les patients sont de plus en plus nombreux à arriver en salle de consultation avec une photo filtrée d’eux-mêmes en main. 

Comme l’explique un chirurgien esthétique dans une interview de The Independent : « Les patients utilisent les photos de célébrités ou des photos d’eux-mêmes passées sous des filtres Snapchat comme point de référence. Ceci est encore acceptable. Le problème c’est que souvent ces photos ne sont pas juste un point de référence, mais plutôt la perception qu’ils ont d’eux-mêmes, ou alors le modèle parfait que les patients aimeraient atteindre ».

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