Tania Fares veut changer l’industrie de la mode arabe

La philanthrope libanaise parle diversité et de son amour pour les créateurs arabes

bySarah Ben Romdane

Entrepreneuse, philanthrope, mécène et consultante en mode, Tania Fares, née au Liban et basée à Londres, est sans aucun doute animée par la passion. Après avoir fondé Fashion Trust, son initiative à but non lucratif soutenant les créateurs britanniques au Royaume-Uni en 2011 – qui a permis à des créatrices telles que Mary Katrantzou, Emilia Wickstead et Sophia Webster de se développer – Fares a récemment décidé de retourner à ses racines. En septembre, elle a lancé Fashion Trust Arabia, dont la mission consiste à aider les créateurs arabes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord à acquérir une visibilité internationale.

 

Dans une région qui manque cruellement d’infrastructures, il est souvent difficile pour un jeune designer de poursuivre une carrière dans la mode. Mais le monde arabe est enhardi par une scène créative florissante qui attend littéralement que quelqu’un aide à les pousser vers l’avant, pour aider à changer à la fois l’industrie et le débat. Avec Fashion Trust Arabia, Fares s’engage à faire les deux.

 

Venant d’annoncer une liste exceptionnelle de juges internationaux, dont Olivier Rousteing, Pierpaolo Piccioli et Natalia Vodianova, ainsi qu’un partenariat avec MATCHESFASHION.COM, nous avons rencontré Fares pour savoir comment elle avait été initiée à la mode, quand elle a réalisé de lancer Fashion Trust Arabia et comment la mode peut changer le monde.

 

 

Vous êtes Libanaise, mais vous avez également vécu aux États-Unis et en Europe. Votre parcours international a-t-il influencé votre amour de la mode?

J’ai grandi au Liban jusqu’à l’âge de neuf ans, puis j’ai déménagé à Paris, où j’ai étudié à l’université. C’est là que j’ai été initié à la mode; c’était les meilleurs moments. J’ai toujours été fascinée par la créativité des concepteurs et l’exaltation des femmes. Ma première expérience a été chez Pierre Cardin et ça m’a beaucoup influencé.

 

 

Quand avez-vous réalisé qu’il était nécessaire de lancer Fashion Trust au Moyen-Orient?

Je lançais mon livre London Uprising: Fifty Fashion Designers, One City  en Jordanie en 2017, où j’ai rencontré tant de jeunes designers jordaniens tellement passionnés et inspirants. Ils m’ont tous dit à quel point la région avait besoin de quelque chose comme Fashion Trust, alors j’ai pensé que c’était à moi de le faire.

 

 

Pourquoi vous ont-ils dit qu’ils avaient besoin de Fashion Trust?

Ils sont confrontés à de nombreux défis à différents niveaux, notamment en termes de production et d’exposition. Notre plan est de les soutenir  financièrement et moralement, en leur assurant de pouvoir développer des entreprises de manière durable. S’ils gagnent, ils auront accès à Harrods et à MATCHESFASHION.COM. Quand j’ai informé mon amie Ruth Chapman, fondatrice de Matches, de cette initiative, elle était tellement enthousiaste à l’idée de participer ! Avec notre aide, les talents seront présentés à une communauté de professionnels et de journalistes qualifiés et influents, qui les soutiendra à toutes les étapes.

 

 

Nous voyons de plus en plus de créateurs qui ne viennent pas d’Occident émerger sur cette scène. Comment expliquez-vous cela?

Les gens veulent de la diversité et du réel. Je travaille en étroite collaboration avec le Vogue britannique et, là-bas, la conversation porte sur l’inclusion. C’est le moment idéal pour les designers internationaux de s’exprimer enfin et de partager leur vision parce que leur voix doit être entendue.

 

 

Croyez-vous que la mode a le pouvoir de changer les choses?

Je pense que la créativité a un pouvoir fort: celui de rassembler les gens.

 

Photographies par John Russo

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