Taqwa Bintali s’oppose au stéréotype auquel font face les femmes musulmanes en France

Mais le mannequin franco-tunisien ne veut pas devenir un symbole

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Lorsqu’on demande à Taqwa Bintali, l’influenceuse voilée à l’affiche des nouvelles campagnes d’été de Jean Paul Gaultier Haute Couture et de Fendi, de définir son style, elle répond avec audace : “modeste, mais parisienne”.  Mais en tant que franco-tunisienne dans un pays où l’interdiction du voile est soutenue par une vague d’attaques islamophobes (en augmentation de 54%), cela peut surprendre que Bintali se proclame parisienne. 

“Je dois toujours faire des recherches sur quelles universités, entreprises et même quels restaurants accueillent des femmes voilées” dit Bintali avant d’ajouter : “en tant que femme voilée, je sais que je dois travailler plus dur que quiconque pour me sentir citoyenne de mon propre pays”.

Bien qu’Amnesty France ait publié une lettre publique demandant la fin de la discrimination actuelle à l’égard des musulmans en France, les filles et les femmes ne sont toujours pas autorisées à porter le hijab dans les écoles.Mais avec plus de 42 000 abonnés sur Instagram, l’influence de Bintali est considérable, surtout si l’on tient compte du climat politique en France. Grâce à Instagram, elle entre dans l’histoire en tant que premier mannequin franco-tunisien portant le hijab à avoir participé aux campagnes de Jean Paul Gaultier et de Fendi.

« J’ai passé un très bon moment et je me suis sentie à l’aise », dit-elle, en référence au processus de tournage des deux campagnes, bien qu’elle reconnaisse que malgré cela, même en 2020, elle reste « la seule ». 

Il est clair que Bintali ne se précipite pas à féliciter les marques qui ont choisi des mannequins de couleur dans leurs campagnes. Confiante, elle refuse de devenir la femme voilée symbolique de l’industrie. « À une époque où les marques sont contraintes de fonctionner de manière plus inclusive, il est important de garder à l’esprit que je n’ai pas besoin des marques, elles ont besoin de moi », poursuit-elle.

Après avoir arrêté le basket-ball à l’adolescence, à cause de l’absence de modèles voilés à admirer, Bintali a fondé les Galeries Zarafet (une plateforme de valorisation de la mode modeste et de l’entreprenariat musulman en France) et le Club Akagi (un espace sûr pour permettre aux femmes musulmanes de faire du sport).

« En fin de compte, je ne veux pas vraiment devenir célèbre et être mise sous les feux des projecteurs », dit-elle. « Mon but est avant tout de renforcer ma communauté ».

En brisant le stéréotype de la femme voilée opprimée et en repoussant les limites de la perception des musulmans en France, Bintali espère aider d’autres femmes voilées à trouver leur place dans leur pays.

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While the world seems to be closing in on itself, #JeanPaulGaultier is opening its doors by sharing the behind-the-scenes of its Couture House. This is a full immersion inside a show that is not a show, a way to meet the Petites-Mains and Artisans of the House while being guided by our longtime friends and a new generation of muses. A dialogue between the world of Haute Couture and multifaceted French beauties. Going forward, the House wants to keep protecting its heritage and values as it gets ready to write a new chapter in its book. #HouseOfGaultier #PFW Ditected by @nicolascoulomb. Styled by @georgia.pendlebury. Creative Direction by @florencetetier. Music by @crystallmess. Cast @toka_modell @rayamartigny @jeanpaulpaula @taqwabintali @tanelbedrossiantz @clemencebotinooff @lunaaharst.

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