Rencontre avec l’artiste libanaise commissionnée par Gucci

5 questions avec l'artiste âgée de 27 ans, Nour Flayhan

bySarah Ben Romdane

Pour la sortie du nouveau parfum floral Gucci Bloom, la maison de couture italienne a collaboré avec 15 illustratrices du monde entier pour célébrer le processus du passage à l’âge adulte, l’amitié, mais surtout la féminité.

 

 

L’artiste libanaise Nour Flayhan est l’une des artistes commissionnées. Nous avons discuté avec Flayhan pour savoir comment ses origines et son amour pour la nature ont inspiré sa collaboration avec Gucci.

 

Sur votre site internet, vous vous décrivez comme une fille « nomade ». Pouvez vous me parler de votre enfance? 

 

Je suis Américaine, mes parents sont Libanais, j’ai grandi au Kuwait et j’ai étudié à Londres. Je ne me suis jamais identifié à un seul pays, c’est étrange pour moi de dire que je ne viens que d’un seul endroit. Mes parents et grand-parents viennent des montagnes au Liban; j’ai une connexion profonde avec cette région, c’est très précieux pour moi. Tous mes souvenirs d’enfance sont là-bas. Je me souviens observer ma grand-mère nous préparer des biscuit à la confiture d’abricot et cueillir les pommes, les figues, les mûres et les raisins des jardins de mon grand-père.

 

Mon côté nomade s’explique par le fait que je suis toujours entrain de bouger. Je ne me suis pas posée dans un seul pays depuis que j’ai terminé mes études; chaque pays m’a laissé de beaux souvenirs et des histoires que je garde en moi.

 

Est ce pour cela que la nature semble être un thème particulièrement fort dans votre travail?

 

Ma mère m’a transmis sa passion pour l’art quand j’étais encore dans son ventre. J’ai grandi dans un foyer artistique, avec de l’espace et et tous les outils nécessaires. Ma mère ressentait qu’il était important de nous donner la liberté de nous exprimer et mon père nous emmenait dans tous les musées et toutes les galleries quand on voyageait. L’art est ma première langue, j’ai ensuite appris l’arabe et l’anglais.

 

Puis, j’ai développé une passion pour le textile, que j’ai développé à travers ma mère et sa famille qui a vécu en Afrique, au Brésil, au Mexique et au Venezuela. My grand-mère brodait également quand j’étais petite. J’ai toujours été fascinée par les histoires qu’elle racontait au fil.

 

J’ai pris des cours de stylisme pendant quatre ans, et puis je me suis inscrite en communication visuelle à l’université. Je voulais explorer différents moyens pour raconter des histoires, et puis je suis tombée amoureuse de l’illustration. Ce qui compte ce n’est pas ce que tu vois, mais comment tu le vois. Je retrouve dans l’illustration l’intimité que je voyais dans les broderies de ma grand-mère.

 

 

On trouve également la volonté de célébrer la femme dans votre travail?

 

Dans les montagnes au Liban, les femmes se retrouvaient pour parler politique, échanger les potins en sirotant du matè, une boisson d’Argentine à base d’herbes que l’on boit dans les régions montagneuses du Levant. En grandissant, j’ai réalisé à quel point elles étaient fortes – c’était magique de les observer par ma fenêtre et je m’assurais de les rejoindre autant que je le pouvais.

 

Au début, je me cachais sous la jupe de ma grand-mère, puis je m’asseyais sur les genoux de ma mère jusqu’à gagner ma place au sein de leur communauté. Quand j’étais enfant, ma mère était ma meilleure amie. Elle m’a toujours dit d’être fière de moi et de mon physique. Mes traits racontent l’histoire de mes ancêtres. Je n’ai jamais voulu être ce que les médias décrient ou ce que la société s’attend de moi. Je m’aimais et j’ai l’impression que beaucoup de jeunes filles et de femmes de tous âges n’ont pas confiance en elles et ne se sentent pas acceptées pour ce qu’elles sont. Nous ne devons pas nous conformer à des attentes ou à des standards.

 

Quel serait donc le message que vous cherchez à transmettre à travers votre art? 

 

Je pense que l’on passe par différentes phases au cours de nos vies. Parfois, certaines choses sont plus importantes que d’autres et nos opinions évoluent. Mais le message que souhaite défendre c’est d’être soi même, d’être un individu et pas un clone, d’être fière de son identité. Je pense que c’est très important, et surtout dans le monde dans lequel on vit aujourd’hui.

 

 

Comment la collaboration Gucci s’est déroulé?

 

Gucci a été une inspiration depuis que Alessandro Michele est arrivé pour partager sa vision depuis, la marque a toujours figuré dans ma liste de rêves de collaborations. Quand Gucci m’a contacté pour me briefer sur la campagne, j’ai cru qu’elle avait été écrite pour moi. C’était le brief parfait;  j’ai pu être moi même et porter les messages que je défends à travers mes illustrations.

 

I focused on nature because the most beautiful things in life are not man made, but made by the Creator, such as the earth, the waters, the skies, the living creatures, the flowers, plants, etc. I wanted to pay tribute to these as well as to the key ingredients of the perfume.

 

Des prochains projets en cours?

 

J’ai bien préserver le mystère. Il y’aura des surprises.

 

acquadifiori.gucci.com

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