La platefome qui met en lumière les créateurs Africains

Industrie Africa comble la division entre les continents

byAmina Kaabi

Pendant des années, les grandes maisons de mode Londoniennes, New-Yorkaises,
Parisiennes et Milanaises ont dominé la scène mondiale. Cependant, les dernières années
ont vu le dialogue évoluer et mettre la notion d’inclusivité au centre du débat.

 

Actuellement, le débat se concentre sur l’émergence de talents internationaux, qui doivent surmonter de nombreux obstacles pour trouver leur place sur la scène globale.

 

Les dernières années ont vu des créateurs d’origines saoudiennes, égyptiennes, marocaines et ghanéennes être mis sur un pied d’égalité avec leurs homologues américains, italiens ou français, en partie grâce aux récents titres dans les médias qui célèbrent l’avant-garde de jeunes créateurs Arabes et des évènements comme Nigeria’s Arise Fashion Week qui a fait l’objet d’une couverture médiatique bien méritée.


Par ailleurs, on ne peut nier le fait que les réseaux sociaux aient indubitablement creusé un sillon pour les talents venus d’Afrique. Mais grâce à Industrie Africa, de nouvelles portes s’ouvrent.

 

 

 

Le concept est simple, si simple qu’on s’étonnerait presque qu’il n’ait pas été inventé plus tôt. Industrie Africa est une galerie virtuelle qui expose 80 jeunes créateurs de mode (tous originaires de pays africains). Une fois sur la page d’un créateur, vous trouverez une foule d’informations, allant de leur biographie à leurs stockistes en passant par la possibilité de regarder leurs archives.

La plateforme a été fondée par la Tanzanienne Nisha Kanabar, une ancienne de Vogue India et de Style.com/Arabia, et Georgia Bobley qui a lancé PopSugar au Moyen-Orient, et constitue une base données soigneusement organisée, conçues pour être utilisée comme une ressource par les rédacteurs, les acheteurs et les amateurs de mode ; leur offrant une meilleure compréhension de la diversité qui existe au sein de la mode Africaine et qui, autrement, ne serait accessible qu’au terme de laborieuses recherches.

« Le monde ne perçoit l’Afrique que comme une seule frontière, il est donc primordiale que nous mettions en avant et que nous célébrions chaque pays, tout comme dans n’importe quel autre marché. Chaque pays du contient a une identité qui lui est propre, et chacun de ses créateurs s’inspire de cela d’une manière ou d’une autre. L’industrie de la mode travaille à se diversifier et à devenir plus inclusive et les créateurs Africains sont bien placés pour faire partie de ce mouvement », dit Bobley.

 

 Cependant ce que la plateforme a de révolutionnaire c’est qu’elle constitue enfin un outil qui maintient l’inter-connectivité du continent. La question que Kanabar et Bobley se sont posée en lançant ce projet était: « Comment un acheteur en Afrique du Sud peut obtenir des informations sur la scène sénégalaise » ou « Comment un client en Côte d’Ivoire peut savoir ce qui est à la mode au Zimbabwe? » Les deux femmes voient Industrie Africa comme étant « Le point de départ d’un pont qui relie les deux rives de ce fossé. La plateforme positionne l’Afrique comme un port de mode connecté »

 

On peut aussi mentionner le fait qu’une nuance sépare les pays d’Afrique du Nord et ceux d’Afrique Subsaharienne. Les créateurs maghrébins se font plutôt connaitre en tant que Moyen-Orientaux, avec la revendication d’une identité arabe plutôt qu’africaine.

Au sein d’Industrie Africa, cette division n’existe pas. Les créateurs viennent de 24 pays africains, au Nord comme au Sud du Sahara, leur donnant à eux et aux clients du monde entier accès les uns aux autres avec une facilitée qui est loin d’avoir toujours existé.

 

 

 

C’est ce que Kanabar et Bobley avait envisagé de faire, dès le début. Au cours du processus, elles ont également réussit à trouver une façon de changer les perspectives à l’internationale également. Elles décrivent la plateforme comme étant: « Le commencement d’une conversation dont on a grand besoin qui se concentre sur la mode Africaine non pas en tant que telle mais plutôt comme faisant partie d’un dialogue plus large qui maintient et célèbre le régionalisme, sans la marginaliser ».

 

En se basant sur l’accueil qu’Industire Africa a reçu, on peut s’avancer et dire qu’elles sont définitivement sur la bonne voie.

 

 

industrieafrica.com

 

Partagez cet article