L’islamophobie est un problème majeur en France, et il est temps que cela change

Pourquoi l’aveuglement religieux en France divise la population

by

Le mois dernier, des débats houleux sur l’Islam et l’identité nationale ont ressurgit en France. Une femme portant le hijab a été agressivement prise à partie lorsqu’on lui demanda de retirer son voile, alors qu’elle accompagnait son fils en sortie scolaire. Ensuite, les employés d’une université en région parisienne ont reçu un courriel les encourageant à détecter les « signaux faibles de radicalisation » dont : le port du voile, la barbe, manger halal, suivre les infos…

Bien que la France refuse de le reconnaître, l’islamophobie est omniprésente dans le pays, et peut même être meurtrière. N’oublions pas le 28 octobre, lorsqu’un ancien candidat du Front National a attaqué une mosquée dans la petite ville de Bayonne.

Le 10 novembre, près de 13 000 personnes se sont regroupées à Paris pour condamner l’islamophobie lors d’une manifestation organisée par la gauche. En plus de l’absentéisme des principaux partis, aucun membre de l’administration du Parti socialiste n’a rejoint la marche.

 

Voir cette publication sur Instagram

 
Une publication partagée par CCIF (@ccif_officiel) le

La seule figure politique présente lors de la manifestation était Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, un parti de gauche radicale, alors que le parti En Marche du président Macron a déclaré dans un tweet que les manifestants « veulent lutter pour un islam politique ». Manuel Valls, ancien premier ministre socialiste, a qualifié les politiciens qui ont signé une lettre ouverte contre l’islamophobie dans le quotidien de centre-gauche Libération, de partisans d’une « gauche de renonciation », et a décrit cet acte comme un « abandon honteux ».

Manuel Valls est né à Barcelone et n’a pas eu la nationalité française avant ses 20 ans. Alors pourquoi les musulmans français sont-ils toujours considérés comme « les autres », et doivent toujours répondre à la question : « D’où viens-tu ? », alors que très souvent, leurs parents sont nés en France.

On dit que la laïcité de l’Etat français favorise l’égalitarisme pour tous les citoyens. Mais lorsqu’il s’agit du hijab dans les lieux publics (comme les écoles, les hôpitaux ou le système de transports national), des restrictions de prières publiques, des hijab-sports, de la burqa ou du burkini, les litiges sur la compatibilité ou non de l’Islam avec les valeurs de la République française reviennent constamment à l’ordre du jour. On ira même jusqu’à dire que la fameuse devise « Liberté, Egalité, Fraternité » ne s’applique pas aux musulmans pratiquants.

Avec l’apparition de nouvelles régulations visant l’Islam, il semblerait que l’attache de la France à cet aveuglement religieux ne servirait qu’à couvrir une discrimination, et même une haine contre les musulmans.  

Les politiciens français disent souvent que le port du voile est une forme de soumission féminine, et pourtant, les femmes musulmanes ne sont que rarement entendues. Le 21 octobre, Sara El Attar, une jeune femme française portant le hijab, a été invitée à la télévision française. Pour la première fois en France, une femme voilée a participé à un débat public.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par CCIF (@ccif_officiel) le

C’est un simple mais brutal rappel que le féminisme blanc, de classe supérieure et soi-disant laïc ne représente pas les femmes musulmanes en France, alors que ce pays abrite la plus grande population musulmane d’Europe.

La France est fière d’avoir supprimé la religion de la sphère publique, mais cette mesure a rendu illégales la collecte et la mesure de données sur les religions et les groupes ethniques dans les recensements. Le terme « islamophobie » est lui-même devenu une controverse.

Au lieu d’être aidés, les musulmans se sentant incapables d’exprimer pacifiquement leur croyance sont souvent accusés de ne pas s’intégrer et de ne pas adopter les exigences de la citoyenneté française.

Les français musulmans ne sont pas marginalisés à cause de leur manque de volonté de s’intégrer, mais sont plutôt aliénés par la société française qui les isole. Si les leaders politiques veulent souder leur nation, une version alternative et moins rude de la laïcité française doit être entendue. La question ne devrait pas être comment construire une société où nos différences sont camouflées, mais plutôt comment construire une société où nos différences sont célébrées et soulagées ?

Partagez cet article