A la rencontre de la photographe qui shoot pour Gucci

Amanda Charchian fait des vagues des deux côtés de l’Atlantique

byBin Boyer

Ce pouvoir fantastique qui élève les photographes à un autre stade de la conscience se révèle souvent à la manière ostentatoire dont l’artiste plonge plus intensément dans la psyché de son sujet. L’œuvre d’Amanda Charchian témoigne souvent de cette sensibilité, glissant du voyeurisme vide typique de la photo de mode vers la sublimation de ses modèles. La plupart des sujets qu’elle choisit sont des femmes post-fatales, faisant étalage d’une féminité puissante qui transcendante leur modernité dans les campagnes Gucci .

 

 

De Los Angeles, Amanda a navigué à travers « Tehrangeless », comme elle l’appelle, pour finalement trouver sa place au sein d’un groupe de jeunes créatifs qui ont un gros impact sur la scène artistique. Alors qu’elle fréquentait les cours de l’Otis Collège des Arts et du Design, elle a d’abord travaillé la sculpture et la peinture avant que son œuvre photographique rencontre le succès que l’on connaît.

 

Nous avons bavardé avec elle, de son amour précoce pour l’art et de son arrivée accidentelle dans le monde de la photographie et des « meme life » de Gucci.

 

D’où es-tu originaire ?

Je suis née et j’ai vécu à LA, mais mes parents sont des juifs iraniens de Téhéran, qui ont immigré dans les années 70.

 

Comment c’était de grandir dans la communauté iranienne ? Penses-tu que ton éducation a eu une influence sur ton style ?

Ils n’étaient pas du tout artistes : mon père était entrepreneur, et ma mère a toujours travaillé avec lui. Mon frère est créateur de lunettes solaires, et ma sœur, coach spirituel. Nous sommes tous des créatifs, mais eux, ce ne sont pas de vrais artistes. Je suis la seule qui peut prétendre être une créative professionnelle à plein-temps, bien qu’eux aussi le soient, chacun a sa façon.

 

Quel est ton souvenir artistique le plus ancien ?

Pour être honnête, j’ai toujours fait des trucs artistiques. Je me souviens, à l’école primaire, je devais faire des rapports sur différentes histoires de la Torah. Je passais cinq minutes dessus, puis, une heure et demie sur une belle couverture. Je tannais ma mère pour qu’elle m’emmène à la boutique d’artisanat m’acheter des faux diamants et du papier de soie, donc ça a toujours été en partie mon truc. A chaque saison scolaire, je prenais un nouveau carnet et je passais beaucoup de temps durant l’été à faire des collages.

 

 

Comment es-tu venue à la photographie ?

J’en ai fait à cause du Collège. Je me spécialisais alors dans les beaux-arts, et plus spécifiquement dans la peinture. Ma technique, c’était de produire un genre de storybook, dans lequel je collais des photos que j’avais prises moi-même, dans des décors vraiment intenses, et je m’en inspirais ensuite pour peindre sur des plaques de marbre. C’était vraiment un processus minutieusement élaboré, mais qui laissait plutôt sceptique un de mes profs, qui avait l’air de penser que je n’y arriverais pas, mais qui trouvait mes photos et mon inspiration plus intéressantes que mes peintures. Alors, j’ai fini par tout enlever, mais je peignais encore, puis, finalement, j’ai commencé la photo de mode.

 

Y a-t-il quelqu’un qui t’a particulièrement inspirée, ou est-ce que tu avais déjà tout ça en toi ?

Oui, c’est ça, c’était en moi. Je ne sais pas à vrai dire si je suis inspirée par quelqu’un… Il y a beaucoup de photographes que j’aime bien comme Herb Ritts et Sarah Moon, mais il y a aussi beaucoup d’œuvres contemporaines que j’apprécie vraiment. Finalement, ce sont surtout la sculpture et la peinture qui m’inspirent…

 

Comment es-tu entrée en relation avec Gucci ?

Je ne sais pas trop comment ils m’ont trouvée, c’était sans doute en ligne. Ils m’ont juste contactée pour travailler sur leurs montres. L’équipe entière est vraiment adorable, et j’ai eu le privilège d’apprendre un peu à les connaître. J’adore le monde romantique, futuriste et pourtant nostalgique que crée Alessandro.

 

Et quelle sera la suite ?

Là, je m’éloigne un peu de la mode et des revues. J’essaie de revenir à mon travail personnel, je vais donc un peu me replier sur moi. Mais généralement, c’est autour de la féminité aujourd’hui, de la manière dont elle change continuellement.

 

amandacharchian.com

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