Comprendre la passion que Madonna éprouve pour la culture amazighe

Appréciation ou appropriation?

byAmina Kaabi

Madonna n’est pas étrangère au scandale et à la controverse. En fait, c’est exactement sa nature provocatrice qui a fait d’elle l’icône pop qu’elle est aujourd’hui.

 

Mais son récent intérêt pour la culture marocaine et les accessoires amazighs a soulevé quelques questions quant à savoir si la chanteuse était allée trop loin.

 

La chanteuse de ‘Like a Virgin’ a décidé de fêter son 60ème anniversaire à Marrakesh. Après un voyage dans les souks de la ville rouge, la star a posté une sur son Instagram, avec en légende «Presque un selfie anniversaire – On célèbre la culture berbère!».

 

Sur la photo, elle portait un casque amazigh – clairement associé aux régions du sud-est du Maroc – plus précisément à une petite tribu de guerriers nomades appelée Aït Baâmrane, dont les femmes portaient les coiffes à cornes comme des armes.

 

Madonna a ensuite porté cet ornement une fois de plus aux VMA, ce qui a amené les deux partis du débat sur l’appropriation culturelle à se manifester. Certains ont accusé la chanteuse d’appropriation culturelle, tandis que d’autres y voyaient un hommage à une culture nouvelle pour elle.

 

Mais ce n’est pas la première fois que Madonna est accusée d’appropriation culturelle. Le clip de la chanteuse pour son tube des années 90 intitulé «Vogue» était centré sur une danse originaire des communautés noires et latinos gays aux États-Unis (quelque chose qui a récemment été comparé à ce que Miley Cyrus a fait du twerk en 2013).

 

Et puis, il y a eu sa performance «hindou» sur le thème «Ray of Light» aux VMA de 1998. Sans compter le fait qu’elle a longtemps été réprimandée pour ses références religieuses répétitives dans les clips de ses chansons.

 

Madonna a répondu avec audace à ses détracteurs et à ceux qui l’accusent d’appropriation culturelle: « Ils peuvent m’embrasser le cul », dans une interview avec le Huffington Post. Son talent artistique lui permet de s’inspirer d’autres cultures. «Je ne m’approprie rien», a-t-elle déclaré. «Je suis inspiré et je fais référence à d’autres cultures. C’est mon droit en tant qu’artiste. Ils ont dit qu’Elvis Presley avait volé la culture afro-américaine. C’est notre métier d’artiste de bouleverser le monde, de déconcerter tout le monde et de tout repenser ».

 

Pour elle et pour d’innombrables autres qui ont laissé des commentaires positifs sous ses photos, la star fait davantage preuve d’appréciation que d’appropriation. Sur Instagram, les commentaires sous ses photos témoignent fièrement: «Vos posts ont rendu si heureux tous les amazighes et le berberes du monde…»), ses actions sont davantage orientées vers l’appréciation. Pendant ce temps, l’artiste contemporain marocain Hassan Hajjaj a invité la chanteuse dans son riad et est allé jusqu’à la prendre en photo dans cet habit.

 

The New Drip ? in Marrakesh ♥???? #levelup #morocco #birthday #fun #banda

Une publication partagée par Madonna (@madonna) le

La frontière qui sépare l’appropriation culturelle de l’appréciation est mince. Cela ne veut pas dire que l’appropriation perpétuelle est inexcusable, mais l’extravagance de Madonna est probablement ce qui lui a permis de flirter avec ses frontières pendant si longtemps.

Partagez cet article