La réponse visuelle d’un artiste à la révolution égyptienne

Quand les découpages en papier à la manière des enfants rencontrent la politique

bySamira Larouci

En sa qualité d’artiste parmi les plus influents et les plus établis d’Egypte, le peintre de Mansoura, Mohamed Abla , a exposé ses œuvres partout, de l’Académie Egyptienne des Arts à Rome au Kuntsmuseum allemand. Son exploration continuelle de l’histoire de la Route de la Soie et des parallèles entre la politique passée et présente à l’Est et à l’Ouest lui a valu de remporter le premier prix à la Biennale du Koweït, et celui de la Biennale d’Alexandrie en 1997.

 

Aujourd’hui, pour célébrer l’inauguration après rénovation de l’espace-gallerie Art Space à Dubaï, renommé Tabari Artspace, Abla a été choisi pour une exposition individuelle intitulée Mohamed Abla , La Route de la Soie (The Silk Road).

 

 

L’exposition, constituée d’une sélection d’œuvres abstraites, montre l’expérimentation continue d’Abla par le recours à de nouvelles techniques autour du papier marbré, comme l’Ebru (une technique turque traditionnelle dans laquelle le papier est déposé dans un bac rempli d’eau, d’huile, de multiples couleurs et de peinture).

 

 

Mohamed Abla découpe des formes un peu à la manière des enfants dans ce papier teint et marbré, et les dispose dans des compositions folkloriques de sorte qu’elles évoquent des animaux, des héros et des princesses. Mais ce ne sont pas juste de beaux papiers peints et des personnages découpés : il y a toujours un sens implicite profond dans le travail d’Abla. Dans cette série, le thème sous-jacent est la juxtaposition déconcertante entre la nostalgie des fables et la symbolique tout aussi déconcertante des problèmes politiques et économiques ayant suivi la révolution égyptienne de 2011.

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