Les artistes demandent aux musées la restitution du patrimoine africain volé

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Selon les experts de l’UNESCO, 90 pour cent des biens culturels d’Afrique ont été pillés et sont maintenant à l’étranger. Vous les trouverez dans la plupart des musées européens et américains. Parmi les grands coupables on retrouve : le British museum, le Victoria and Albert museum, le Metropolitan Museum of Art de New York, et le National Museum of African Art de Washington DC. 

Certains objets se trouvent aussi dans de plus petites institutions comme le Musée Spiritain des Arts Africains dans le petit département de la Drôme au sud-est de la France. 

La prévalence de l’art africain en Occident est irréfutablement immense, et les institutions racontent rarement les formes violentes par lesquelles l’art africain a été acquis, ce qui plaide en faveur de leur retour. 

Alors que le mouvement Black Lives Matter a pris un essor incroyable ces dernières semaines, et a entraîné le retrait de statues de soldats confédérés en Amérique (comme celle de Robert E Lee en Virginie, et celle d’un marchand d’esclaves à Bristol), des artistes et des militants réclament maintenant le retour d’objets africains par les institutions européennes et américaines, tout cela au nom du démantèlement de la suprématie blanche et du whitewashing.

“Prenons l’énergie de Bristol au @britishmuseum et au @vamuseum. Des réparations sont dues. Et jusqu’à leur restitution, ils doivent changer les étiquettes et les textes descriptifs pour décrire fidèlement la force violente des blancs par laquelle ces objets ont été volés. Légende de l’image : décapiter la culture blanche », a écrit l’artiste libanais Lawrence Abu Hamdan, lauréat du Turner-Prize, sur une publication Instagram.

« @venetia_porter et @racheldedman et tous ceux qui travaillent dans ces institutions ! Il est essentiel que vous vous efforciez de modifier le récit et les textes afin d’éduquer plutôt que d’obscurcir l’histoire de la suprématie blanche. La diversité ne suffit pas ; c’est l’histoire de la culture blanche qui doit d’abord être expliquée avec précision », a-t-il ajouté.

Les demandes de restitution de l’art africain sont tout sauf nouvelles. En 2009, le Conseil suprême des antiquités d’Egypte a exigé du Louvre la restitution de quatre reliques archéologiques volées dans les années 1980 dans le tombeau de Tetaki à Louxor. En 2012, la Commission nationale des musées et des monuments du Nigeria a demandé la restitution de 32 bronzes du Bénin pillés lors du massacre du Bénin en 1897, qui seront restitués par le Museum of Fine Art de Boston. Le British Museum abrite également de nombreux bronzes du Bénin. En 2018, le gouverneur de l’île de Pâques, Tarita Alarcon Rapu, a exigé du British Museum la restitution d’une statue volée en 1869.

Le British Museum a récemment été critiqué pour son militantisme superficiel (“performative activism”) après avoir publié une déclaration de solidarité avec le Black Lives Matter Movement. .

« Le British Museum EST le colonialisme. Il EST constitué d’objets pillés. C’est un sanctuaire pour le pouvoir, le contrôle et la conservation eurocentrique », a écrit un utilisateur.  

Dans son livre Who Owns History ? Elgin’s Loot and the Case for Returning Plundered Treasure, l’avocat des droits de l’homme Geoffrey Robertson a écrit que « les administrateurs du British Museum sont devenus les plus grands receveurs de biens volés au monde, et la grande majorité de leur butin n’est même pas exposée au public ».

Il a critiqué les musées du monde entier, en particulier les « musées encyclopédiques », « qui renferment le précieux héritage d’autres pays, volé à leur peuple par des guerres d’agression, de vol et de duplicité ».

Les propos de Robertson ont été amplifiés suite à la déclaration du British Museum. Le professeur d’archéologie contemporaine d’Oxford, Dan Hicks, a écrit en réponse : “Le British Museum continue de refuser les demandes de restitution permanente des bronzes du Bénin, pris en 1897 lors d’une attaque militaire au cours de laquelle des dizaines de milliers de Nigérians ont été tués, et exposés depuis comme un monument à cette « victoire ».

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