La diversité des musulmanes de Londres enfin sur Instagram

Les musulmanes en dehors des clichés

bySarah Ben Romdane

La première fois que j’ai entendu des commentaires islamophobes, c’était dans le sillage du 11 septembre, alors que j’étais à l’école primaire, et depuis, au fond de moi, je me suis toujours identifiée à “l’autre”. Mais c’est seulement en grandissant que j’ai réalisé que la plupart de mes camarades d’école ne pensaient pas que j’étais réellement musulmane.

 

Probablement parce que je portais les mêmes vêtements qu’eux, ou parce que ma mère est blonde, je devais constamment réaffirmer ma religion. “Tu n’es pas vraiment musulmane, hein ?”, c’est une question à laquelle je suis fatiguée de devoir répondre. Maintenant, en tant qu’adulte, je réalise le réel manque de représentation des femmes musulmanes dans les médias.

 

Le collectif londonien Muslim Sisterhood, composé de la photographe Lamisa Khan et des artistes Sara Gulami et Zeinab Saleh, a décidé de changer le narratif sur ce sujet.

 

 

 

 

Muslim Sisterhood poste, sur le compte Instagram créé à cet effet, des photos de jeunes femmes musulmanes de Londres, toutes provenant de milieux géographiques et culturels différents, de manière à révéler l’hétérogénéité des femmes musulmanes à Londres, tout en contestant les stéréotypes habituels qui les affectent.

À la suite des récents attentats terroristes, le nombre de crimes haineux a augmenté au Royaume-Uni. Le think tank qui a forgé le terme “islamophobie” en 1997 a confirmé que le phénomène est en hausse et que ses manifestations sont devenues plus violentes. Et selon le groupe Tell MAMA, qui répertorie les actes de violence à l’encontre des musulmans, les femmes sont plus visées que les hommes : en 2016, plus de la moitié des victimes étaient des femmes, et 70% des attaquants étaient des hommes blancs.

 

 

 

 

Créé par des femmes musulmanes pour des femmes musulmanes, le compte Instagram comble enfin une lacune en démontrant véritablement la réalité à multiples facettes d’une communauté et en redonnant leur voix à toutes celles qui se sentent maltraitées en silence.

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