Des illusions d’optiques qui transforment le Sahara

Cet artiste marocain utilise la photographie pour remettre la société en question

bySarah Ben Romdane

L’artiste marocain Hicham Benohoud, âgé de 51 ans, a toujours été fasciné par la réalité. C’est la raison pour laquelle il a commencé sa carrière en tant que peintre, mais il a finalement compris qu’il préférait la photographie. «L’immédiateté me tenait vraiment à cœur», dit-t-il, expliquant comment il se sentait fatigué de recréer la réalité et décida de déplacer sa pratique pour la capturer littéralement.

 

Sa série Landscaping – où il a conçu des objets sculpturaux et les a placés dans les plaines désolées du Sahara marocain – explore les illusions qui vivent dans notre réalité perceptuelle. Cela peut sembler un peu abstrait et lointain, mais il note: «On nous dit de croire que notre société est belle, alors que l’autre côté – plus vrai – de l’histoire est plus sombre».

 

 

 

L’œuvre de Benohoud (exposée dans les institutions les plus prestigieuses du monde, comme le Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia et la Tate Modern) est célèbre pour ses représentations et observations directes des complexités et des rouages ​​de la société marocaine.

 

Ayant débuté sa carrière de photographe alors qu’il était professeur d’art ry photographiait ses élèves, le travail photographique de Benohoud s’est progressivement concentré sur le portrait. Outre une série où le photographe d’origine marocaine a choisi de photographier des ânes dans un salon, la majeure partie de ses 25 années de carrière a été centrée sur l’aspect humain. Pendant ce temps, Benohoud a vécu à Casablanca et s’est rendu chaque week-end à Marrakech et Agadir dans le sud du Maroc. «Les couleurs du désert ocre et chaudes m’ont ravi», dit-il en évoquant son intérêt pour les paysages.

 

 

 

Mais Benohoud n’a pas voulu aborder superficiellement ces paysages désertiques de science-fiction. En fait, c’est dans ce vide spatial que le photographe a trouvé l’inspiration pour explorer la société dans une perspective différente, moins explicite.

 

Après avoir passé six mois sur le terrain à créer des scènes d’architecture conceptuelle, Benohoud a décidé d’interroger la façon dont nous percevons les choses dans la société. « Je voulais jouer avec l’illusion d’optique pour mettre en lumière les contradictions qui définissent la société marocaine par nature », a-t-il déclaré avant d’ajouter: « Parce qu’on nous dit que les choses sont belles, mais le revers de la médaille est souvent dur ».

 

 

 

Passionné par son pays, l’ambition de Benohoud est d’inviter son peuple à remettre en question ses points de vue, en déconstruisant les filtres à travers lesquels ils perçoivent la vie. «C’est comme ça que l’on se confronte vraiment à la vérité», dit-il.

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