La photographe libanaise qui rend hommage au regard féminin

Yasmina Hilal est la photographe de 21 ans qui change la donne

bySarah Ben Romdane

Inspirée par le décès soudain de sa grand-mère, Yasmina Hilal s’est tournée vers la photographie pour surmonter ce deuil. Sa dernière série est empreinte de mélancolie et constitue selon elle une ode. Dam3a w Lulu (Une larme et une perle), est une histoire photographique qui célèbre le regard de la jeune fille. « Dans chaque larme, il y a une perle voilée, quelque chose que l’on a secrètement gagné », explique la photographe libanaise de 21 ans, basée à Los Angeles.

 

 

 

Hilal a pris son premier appareil photo à l’âge de 13 ans, c’était le Canon AE-1 de sa mère et depuis, elle n’a pas arrêté de prendre des photos. « Pour moi, l’idée de ne pas savoir à quoi va ressembler une photo était et reste une expérience étonnante en tant que photographe », explique-t-elle. Mais en grandissant, son travail, essentiellement axé sur la mémoire et le genre, a évolué vers une essence plus politique.

 

En tant qu’étudiante en cinéma aux États-Unis, elle a récemment acquis une expérience qui lui a permis de réaliser à quel point les femmes se battaient quand elles étaient derrière l’objectif. Sa photographie «pour les femmes et par les femmes» vise à mettre en lumière la beauté et la créativité crues qui accompagnent le fait d’être une femme. C’est ce qui constitue sa réponse aux images construites par les hommes et qui inondent nos feeds. « Je comprends que le seul moyen d’atteindre mes objectifs est de donner aux femmes l’occasion de jouer des rôles de premier plan », dit-elle.

 

 

 

 

Ces dernières années, le «regard féminin» est apparu comme un slogan populaire décrivant l’idée selon laquelle les femmes prennent le contrôle de leur récit. Avec son approche esthétique hyper-féminine et onirique, Hilal semble se faire la porte voix des femmes du Moyen-Orient. « Avec un si petit nombre de femmes photographes présentes dans cette région du monde, je crois qu’il est essentiel que nous utilisions notre force pour nous éloigner de la norme et sensibiliser, à travers l’art et la photographie, à des sujets sociaux et politiques, en particulier avec  l’inégalité des sexes qui demeure une préoccupation centrale ».

 

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