Le nouveau centre culturel de Ramallah

La fondation Qattan donne un nouveau souffle à la culture Palestinienne

bySarah Ben Romdane

“Je ne comprends pas comment le monde arabe peut rendre les armes face au chaos et à la destruction”, affirmait avec audace feu Abdel Mohsin Al Qattan, le philanthrope palestinien (fondateur de la Fondation AM Qattan)  en 1993. “Le monde arabe a une histoire, une culture, des ressources naturelles et une importante élite éduquée, il se situe au centre du monde ! Je crois que nous avons besoin d’un changement culturel profond et d’une révolution éthique, une révolution des valeurs.”

 

La fondation, qui est à l’origine de l’ouverture d’un nouveau centre d’art le mois dernier de 21 millions de dollars, majoritairement financés par la famille Al Qattan a dirigé plusieurs programmes éducatifs  et a accordé diverses bourses depuis sa création.

 

Le cube métallique de 7700 mètres carrés a été imaginé par le cabinet d’architecte espagnole, Donaire Arcquitectos, et il comprend une bibliothèque, une galerie d’exposition, un théâtre, une résidence d’artistes, des studios et des places publiques.  Ce projet affirme la volonté de la fondation de rendre la culture accessible à tous les palestiniens, où qu’il soient. “Pour nous, la culture dans son sens le plus large qui comprends l’éducation, l’histoire, les valeurs et l’éthique. Dans ce sens là, elle constitue un dénominateur commun”, dit Omar Al Qattan qui préside la fondation.

 

Au fil des années, l’AMQF a été à l’origine de nombre de programmes culturels pionniers, comme, entre autres projets, le festival d’art vidéographique et de performance, la librairie itinérante de Gaza et le studio des sciences. A Londres, la fondation a aussi établi les Mosaic Rooms qui offrent un espace aux londoniens pour entrer en contact avec la culture arabe. “L’un de nos buts principaux était et demeure d’être une fondation qui sert tous les palestiniens, tout en reconnaissant l’importance de la diaspora, de l’héritage qui est commun à la Palestine et au monde arabe, et l’immense influence culturelle qu’ont eu les échanges entre la Palestine et d’autres nations. Nous avons aussi cherché à garder une perspective à la fois innovante et critique, politiquement neutre et intellectuellement progressiste. Même dans des circonstances normales, ce ne serait pas une tâche facile.”, dit Al Qattan.

 

 

 

Sous la pression des autorités israéliennes, la construction de l’édifice n’a pas été particulièrement simple, elle non plus. Le bâtiment a ouvert ses portes avant d’être complètement achevé mais il n’en est pas moins déjà une institution culturelle unique en son genre, où les gens peuvent s’y rencontrer, s’y réunir et débattre librement.

 

La semaine dernière, l’inauguration a offert une série d’évènements éclectiques qui ont attirés 1,500 personnes. Une exposition de groupe titrée Subcontracted Nations (Nations Sous Contrats) rendait publiques les œuvres de 55 artistes qui explorent le sens de l’état nation dans nos sociétés néo-libérales. Motion and Stillness (Mouvement et Immobilité) se penche sur le mouvement physique et sur la relation qu’il entretient au temps, à la vélocité, au déplacement et à la force. Un défilé de mode promouvant le recyclage a aussi eu lieu, avec la participation de créateurs comme Hussam Mohammed Al-Omari, Ma’an Mustafa Alaiwi,
Maha Abd Al-Aziz Shaltaf, Yousef Taysir Alaiwi.

 

 

En travaillant de paire avec des artistes, des intellectuels, des professeurs et des enfants, la fondation renforce les liens d’une communauté forte et engagée en Palestine. Il semble que ce ne soit qu’un commencement, avec un nouveau musée d’art contemporain qui devrait bientôt ouvrir en Palestine.

 

qattanfoundation.org

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