La marque qui donne le pouvoir aux réfugiés palestiniens

Le savon Sitti met de la vie dans le camp de réfugiés de Jerash

byAmina Kaabi

Pour la plupart des arabophones, le mot «sitti» signifie «grand-mère», mais compte tenu du travail accompli par la marque Sitti Soap, on pourrait rajouter une autre définition à ce terme.

 

Le nom est un impératif pour la marque car elle incarne et symbolise l’amour et la sagesse qui viennent à l’esprit lorsque l’on pense à nos grands-mères. Sans oublier que les fondatrices de la marque, Noora Sharrab et Jaqueline Sofia, offrent cette même essence d’amour maternel, sauf qu’au lieu de s’adresser à des petits-enfants, leur soutien et leur sagesse sont consacrés à des réfugiés palestiniens.

 

Après que le duo ait commencé à travailler avec des femmes vivant dans le camp de réfugiés de Jerash en Jordanie, elles ont rapidement décidé de créer leur propre entreprise, pour les soutenir. Tout a commencé avec un pain de savon, fabriqué à la main par leur équipe composée uniquement de femmes. Aujourd’hui, la marque se présente comme une entreprise à part entière avec une vaste gamme de produits, allant du soin aux accessoires de maison.

 

Et avec leur croissance, leur mission est devenue encore plus forte. Distribuée chez les détaillants à travers le Moyen-Orient et l’Amérique du Nord, la marque Sitti continue d’employer des réfugiés qui fabriquent toujours chaque pain de savon.

 

L’huile d’olive est au cœur de leur entreprise. Après tout, ils sont connus pour leur savon Nabulsi, un savon de Castille datant du 14ème siècle. Il n’est généralement fabriqué qu’en Cisjordanie palestinienne, mais avec l’aide des femmes du camp de réfugiés de Jerash, Sitti a réussi à exporter le produit dans le monde entier, ce qui particulièrement important étant donné que peu d’entreprises survivent encore en Palestine.

 

Chaque barre prend 30 jours pour être faite et chacune a sa propre histoire. Sharrab et Sofia ont une mission en tête, non seulement de fournir un emploi aux femmes palestiniennes déportées, mais aussi de sensibiliser le monde à leurs histoires.

 

En réalité, lorsqu’une personne est déportée, son histoire est souvent oubliée. Le plus souvent, ces personnes sont réduites à leur statut de réfugié, et les vies qu’ils ont menées avant d’acquérir ce statut sont souvent négligées, sinon entièrement ignorées. En fin de compte, les femmes et les hommes déportés finissent par être affaiblis par des circonstances hors de leur contrôle, souvent incapables de trouver du travail malgré l’expérience qu’ils ont acquise dans leur pays d’origine.

 

Et si la volonté de Sitti Soap est de partager les histoires de chacun des membres du personnel, le duo dirige également un programme éducatif et de développement des compétences dans le cadre de leur entreprise, dans le but de voir les nombreux réfugiés qui ont vécu à Jerash pendant des décennies avoir un plus grand sentiment d’indépendance.

 

Une partie des bénéfices de chaque achat sert leur centre pour femmes Hopes-Sitti. Amna, une réfugiée palestinienne elle-même supervise son atelier et ses programmes bénéficiaires, parmi lesquels Banaat Connect, un programme d’échange linguistique en partenariat avec Hopes for Women in Education (une organisation canadienne à but non lucratif) pour aider les réfugiés palestiniens à apprendre l’anglais et à améliorer leurs perspectives d’avenir.

 

Actuellement, leur gamme de produits comprend des barres de savon Sitti classiques, des porte-savons en bois, des sacs en coton bio réutilisables et un bracelet blanc en howlite et en pierre de lave noire connu pour ses bénéfices anti-stress.

 

sittisoap.com

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