À quoi ressemble la vie d’une jeune boxeuse musulmane

“Solibet” est le court métrage qui milite pour une identité assumée

byAmina Kaabi

Si vous êtes musulman dans une société non musulmane, vous devez faire face à des contraintes – et lorsque vous êtes à la fois femme et musulmane, les défis auxquels vous êtes confrontés se multiplient, en particulier si vous êtes voilée.

 

Alors maintenant, imaginez que vous êtes une femme, et boxeuse arabe et musulmane vivant en Australie – les choses sont naturellement plus compliquées.

 

C’est précisément le cas de Rahma Solimon, une Australienne de 16 ans qui, malgré les contraintes de la société, a décidé de se lancer dans la boxe

 

Peut-être en raison d’une expérience commune, Tig Terera, une jeune réalisatrice née au Zimbabwe et élevée en Australie, a reconnu les luttes de Rahma et a décidé qu’elle serait le sujet de son dernier film.

 

«J’essaie de faire des films socialement responsables qui favorisent le multiculturalisme et la diversité», a-t-elle déclaré à MILLE. Et avec ce projet, c’est exactement ce qu’elle fait. Elle a collaboré avec la cinéaste Jessie Lane pour créer le court-métrage intitulé «Solibet» – un mot que Rahma Solimon a inventé avec son frère et qui sert actuellement de pseudo Instagram à la  jeune boxeuse.

 

Le film capture habilement l’essence de Rahma Solimon. Il emmène le spectateur dans un voyage, oscillant entre la crise d’identité qui lui est imposée, la façon dont elle s’est imposée de manière impressionnante, et les problèmes de la vie quotidienne – comme la peur de se découvrir un cheveu blanc à seulement 16 ans.

 

SOLIBET from Tig Terera on Vimeo.

 

Il est vite devenu clair que Rahma Solimon était en fait le sujet parfait pour Terera, alors nous avons rencontré la jeune réalisatrice pour discuter de son projet, pourquoi elle avait choisi de présenter Rahma et ce qu’elle espérait que les gens retirent du film.

 

 

Comment as-tu eu l’idée du film?

L’idée est venue d’un court métrage que j’avais écrit autour d’un boxeur et qui a évolué au cours de ma collaboration avec Jesse et Rahma.

 

Qu’est-ce qui a inspiré le projet?

Je suis inspirée par des personnes qui ne rentrent pas dans des cases, en particulier celles qui, selon la société, devraient être calmes et apprivoisées. Après avoir vu une courte vidéo Instagram de Rahma qui boxe dans un gymnase, je savais qu’elle serait le sujet parfait.

 

 

Quelle était l’intention derrière la réalisation du film?

L’intention du film était de créer des images nettes associées au montage expérimental de Jesse Lane. En outre, l’intention de Solibet était d’explorer l’agression, et de la rendre belle. Nous sommes dans un temps sans genre et je pense que Solibet brouille les frontières entre l’expérimentalisme, les courts métrages et les mini-documentaires.

 

 

Pourquoi pensez-vous qu’il ya une crise de lutte pour l’identité lorsque vous grandissez en tant qu’enfant d’immigrant?

Je ne peux parler que pour moi-même, mais personnellement, j’ai eu à faire face à la lutte identitaire dans le sens où je ne me sens pas assez africaine auprès des membres de la famille et des amis africains, mais aussi trop africaine aux yeux des Occidentaux. C’est cette zone grise qui favorise cette lutte d’identité chez les enfants d’immigrés et en particulier chez ceux qui sont très différents de leurs parents / qui ont des points de vue différents.

 

Si tu devais choisir une chose quelque chose à retenir de ton film, ce serait quoi?

Que Rahma est une personne qui déchire et que l’ouverture d’esprit mène à une société plus heureuse.

 

Crédit photo @ginanero 

 

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