Non, soutenir la Palestine n’est pas antisémite

Il faut poser des limites.

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Le 16 mai, un convoi de voitures arborant des drapeaux palestiniens a traversé les quartiers juifs du nord de Londres, proférant des menaces contre les juifs. Les Palestiniens du Royaume-Uni et du monde entier ont immédiatement pris d’assaut les réseaux sociaux pour condamner cet acte antisémite, déclarant que ce groupe de personnes « ne nous représente pas » et que la communauté palestinienne s’oppose à l’antisémitisme.

Le besoin urgent de condamner ce type de comportements est tout à fait naturel et découle d’une longue histoire de Palestiniens faussement étiquetés comme antisémites. Des débats faussés sur la Palestine, en particulier de la part de politiciens qui soutiennent l’apartheid, ont longtemps induit le public en erreur en lui faisant croire que l’antisionisme etait synonyme d’antisémitisme.

Avant d’approfondir, définissons simplement les deux termes. L’antisionisme est le fait de s’opposer à l’Etat d’Israël et à l’apartheid qu’il impose aux palestiniens. L’antisémitisme, cependant, est une forme de racisme et une haine envers le peuple juif.

Confondre les deux reviendrait aussi à associer les juifs du monde entier à Israël, et affubler les valeurs du colonialisme et de l’apartheid au judaïsme, ce qui est faux simplement parce que tous les juifs n’ont pas de liens avec Israël et se tenir contre Israël n’a jamais été une question de religion, bien au contraire, il s’agit là d’humanisme.

Les célébrités ont particulièrement été victimes de ce genre de rhéthorique, sans doute pour les décourager, notamment les sœurs Hadid et Dua Lipa qui ont été accusées dans une publicité du New York Times de « calomnier l’Etat juif » et « d’appeler à un deuxième Holocauste », simplement pour leur prise position contre l’occupation de la Palestine.

Et bien que ni les Hadids ni Dua Lipa n’aient fait marche arrière malgré les accusations d’antisémitisme, la capacité des médias à détourner le soutien porté à une nation déchirée par la guerre en une accusation d’antisémitisme est décidément incoryable. Prenons l’exemple de Mark Ruffalo, qui, après avoir tweeté en faveur de la libération de la Palestine, a présenté des excuses pour avoir sous-entendu qu’Israël commettait un « génocide ».

Il est indéniable que l’antisémitisme est un problème concret et alarmant qui atteint le monde entier, mais confondre la lutte pour la liberté de la Palestine avec de l’antisémitisme relève d’une logique erronée qui relègue au second plan tant la lutte palestinienne et que celle des victimes de l’antisémitisme.

Pour eclaircir ce point, les réseaux sociaux ont joué un rôle central dans le changement du récit et la prise de position contre la pollution antisémite du discours palestinien. Des illustrations expliquant les fondements de ce raisonnement erroné ont circulé sur les réseaux et les militants font taire tous les médias trompeurs en temps réel. Peut-être est-ce le début d’une ère nouvelle où les réseaux sociaux détiendraient plus de pouvoir que les médias traditionnels.

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