Les films syriens ont régné sur le festival du film de Venise

Contre vents et marées

byAmina Kaabi

S’ils sont encore en pleine guerre, les syriens offrent à leur nation une lueur d’espoir avec non pas un, mais deux films de ce pays déchiré par la guerre civile annoncés vainqueurs du festival de cinéma le plus ancien et le plus reconnu d’Italie.  

 

Parmi ces films, il y avait The Day I Lost My Shadow de Soudade Kaadan, qui a également été le premier film syrien de l’histoire du festival à y être projeté. Le film, qui a gagné le Lion du prix Future Luigi De Laurentiis dans la catégorie du meilleur premier film, a été réalisé, écrit, produit et joué par des Syriens, majoritairement des réfugiés.

 

« J’ai voulu inclure ma communauté dans le film. Rien n’est comparable au vrai visage de quelqu’un qui a enduré la guerre » dit-elle à Reuters.

 

Le film primé est inspiré par la propre histoire de Kaadan. Situé en Syrie en 2012, le film se focalise sur les débuts de la guerre dont la réalisatrice française a fait l’expérience. L’histoire suit une femme qui cherche une bombonne de gaz pour réchauffer sa maison et pouvoir cuisiner. Elle se retrouve coincée dans la capitale syrienne et y découvre que les gens « perdent leurs ombres » pendant la guerre.

 

« L’ombre est une expérience émotionnelle pendant la guerre, et je crois que tous ceux qui ont vu la guerre… sauront de quoi je parle » ajoute-t-elle

 

Dans le même thème, le second film syrien a être primé se centre lui aussi sur la guerre. Réalisé par Ghiath Ayoub et Saeed Al Batal, Still Recording a remporté la Semaine de la Critique du festival pour contribution technique.

 

Le documentaire sur la guerre civile est le premier long-métrage de ce réalisateur. Tourné à Douma, dans l’est de Ghouta et à Damas de 2011 à 2015, le film tire un portrait cru et rare de la guerre en Syrie. Le film suit deux étudiants en art Saeed et Milad, qui ont décidé de participer à la révolution de 2011.

 

La trame du documentaire dure sur quatre années, avec toute la brutalité et la destruction qui vient avec. Si aux premiers abords, ce film peut sembler comme le récit d’un désespoir, le réalisateur affirme que c’est bien l’inverse. C’est une histoire d’espoir et de vérité.

 

« Si on ne regarde pas la vérité en face, même si elle est douloureuse, je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir : regarder la vérité, cherchez la vérité. La vérité vous libérera» , dit Al Batal au National.

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