Twitter : toxique pour les femmes…

Un nouveau rapport d’Amnesty International met l’accent sur les abus

byAmina Kaabi

Que les médias sociaux soient devenus l’un des socles de notre société, c’est une évidence. Nous publions tous sur nos vies au jour le jour, et c’est à Twitter que nous confions nos pensées les plus intimes, et nous le faisons tellement que la limite de 140 caractères par post des débuts a été portée à 280.

 

C’est un mode de communication puissant – mais, selon une nouvelle étude d’Amnesty International, Twitter est particulièrement toxique pour les femmes.

 

“Twitter est une plateforme où la violence et les abus contre les femmes sont légion, le plus souvent en toute impunité”, dit le rapport. Sur ce site en particulier, les femmes sont nombreuses à être les cibles de menaces de violence, physique ou sexuelle, de discrimination et de violations de la vie privée.

 

Amnesty a enquêté auprès de femmes de tous genres, des politiciennes renommées, des journalistes, des femmes ordinaires avec peu ou pas de followers. Après 16 mois de recherches, il s’avère que chacune d’entre elles fait face au même harcèlement de type identitaire sur Twitter. Comme l’indique le rapport, “les plateformes de médias sociaux comme Twitter ne sont pas à l’abri de nombreuses violations des droits humains auxquelles les femmes sont confrontées dans la vraie vie”.

 

Et en vertu des dispositions des Nations Unies relatives aux entreprises et aux droits de l’homme, Twitter, en tant que société, a la responsabilité d’identifier, de prévenir et de traiter les cas où les droits des femmes sont violés. L’ancien PDG de la société, Dick Costolo, a admis en 2015 qu’ils “peinent à faire face aux abus et aux ‘trolls’ sur la plate-forme et que ça dure depuis des années”.

 

Le PDG actuel de la société a abordé le problème des abus sur le site en 2017 : « Nous voyons tous les jours des voix réduites au silence sur Twitter. Nous luttons contre cela depuis deux ans. En 2016, nous en avons fait notre priorité, nous avons mis à jour nos politiques et augmenté la taille de nos équipes. Ça n’a pas suffi.”

Nous pouvons tous convenir qu’il en va de la responsabilité de l’entreprise de minimiser les abus contre les femmes qui s’expriment sur leur plate-forme, mais dans une déclaration récente, ils affirment avoir vraiment lutté pour améliorer les choses, mais qu’ils “ne peuvent à eux seuls effacer la haine et les préjugés qui hantent la société”. Beaucoup d’usagers ont répondu à cela en se joignant à la campagne #ToxicTwitter lancée par Amnesty.

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