La femme qui conteste les standards de beauté

Jameela Elfaki brise les frontières dans toute la région

bySarah Ben Romdane

Jameela Elfaki, anglaise et soudanaise, diplômée de Central Saint Martins, est photographe et aussi rédactrice en chef d’Azeema, le premier magazine consacré aux femmes de couleur et à celles du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

 

L’objectif principal d’Azeema, lancé au printemps 2017, est de s’attaquer aux questions liées à la diversité et à la représentation au sein des industries de la création et de mettre à disposition un espace prenant également en compte la foi et la croyance, qu’elles soient relatives à la culture islamique, africaine, arabe ou asiatique.

 

 

“Nous vivons dans une société inondée d’images d’un certain ‘standard de beauté’. Qu’elle renvoie à une peau plus claire ou à des cheveux plus lisses, la norme impose un message clair et persistant de ce que la société considère comme la vision la plus importante de la beauté ou de la mode”, affirme Jameela en faisant référence à la photo ci-dessus. “Avec cette photo, je voulais montrer quelque chose qui remettrait en cause ces idéaux”.

 

 

Depuis qu’elle possède son premier smartphone, Elfaki a toujours aimé prendre de belles photos. “En grandissant, j’ai remarqué qu’il n’y avait pas de magazines de mode ou de culture destinés aux femmes du Moyen-Orient, d’Afrique du Nord ou aux femmes de couleur. Moi, je suis métisse, de religion musulmane, et toute petite, j’ai émigré en Angleterre. J’avais envie d’entendre des histoires et de voir des images de filles qui étaient comme moi”.

 

 

Azeema remet en cause les informations tronquées ou négatives qui circulent, en particulier celles qui concernent les femmes de couleur du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Jameela dit encore : “C’est important d’avoir des productions innovantes comme Azeema, car nous pouvons atteindre les individus et partager leurs expériences ou en parler de manière correcte, dans le but d’éduquer et d’aider les autres. Et même si les gens sont aujourd’hui mieux sensibilisés au problème, il y a toujours moyen d’améliorer les choses”

 

 

Comment êtes-vous devenue photographe ?

J’ai étudié l’art et les médias à l’école, et ça m’a fait comprendre que ce que j’aimais le plus, c’était l’image de mode. Je viens d’une famille de créateurs, ma mère faisait toujours un tas de choses, et m’encourageait à penser de manière créative. Je crois que ma passion pour la photographie vient d’une combinaison entre tous ces éléments.

 

Qu’espérez-vous atteindre à travers vos photos ?

J’aime créer de belles images. Si je peux projeter un message fort et positif à travers elles, c’est juste formidable !

 

Que pensez-vous de la représentation de la femme de couleur dans les arts en général ? Pourquoi est-il si important qu’un magazine comme Azeema existe ici, en Angleterre ?

La représentation de la diversité a toujours été un vaste problème, spécialement dans l’industrie de la mode. En Occident, on trouve souvent des informations mal interprétées ou négatives, et particulièrement quand il s’agit des femmes de couleur du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

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