La photographe qui donne vie à la nature morte

A la rencontre de l’artiste franco-algérienne Maya-Inès Touam

bySarah Ben Romdane

Une nouvelle exposition de l’artiste franco-algérienne Maya-Inès Touam intitulée Des Rives se tient dans les locaux de la Villa Delaporte à Casablanca. Elle vise à interroger les perceptions du monde arabe en utilisant une série d’objets et de symboles de l’univers arabe.

 

Le patrimoine culturel de l’artiste a toujours été omniprésent dans sa vie personnelle. Plus récemment, il s’est davantage immiscé dans son processus de création, influencé par le monde arabe de manière intrinsèque et surtout par sa géographie, sa féminité, mais aussi ses limites. Sa précédente étude, Révéler l’étoffe, a exploré ce sujet à travers le portrait. Dans sa dernière série, Touam, qui a récemment remporté le prix du programme LCC, a décidé de rendre hommage à la nature morte en photographiant des objets adossés à un décor qu’elle a conçu en s’inspirant des peintures hollandaises et flamandes du XVIIe siècle.

 

Maya-Inès Touam, Untitled 1, Diptych printed on matte paper, 2x46x70 cm

 

“Je pense que la nature morte incarne l’archivage du temps. Je voulais que mes photographies révèlent les préoccupations contemporaines de la région au sujet de l’environnement, de la mondialisation et des frontières entre ces objets”, explique Touam.

 

L’artiste utilise des objets traditionnels d’Afrique du Nord, tels que des vêtements drapés, des balgha, ces mules marocaines en cuir,  de la vaisselle et des fruits de saison disposés face à des objets venus de l’Occident, comme une sandale Adidas, un sac Gucci contrefait ou un panneau de signalisation LED, pour interroger nos perceptions de cette relation entre l’Orient et l’Occident.

 

Maya-Inès-Touam-Untitled-2-Diptych-printed-on-matte-paper-2x46x70-cm

 

“Les objets que je montre viennent de partout. Que représente un objet du monde arabe lorsqu’il a été fabriqué en Europe ou en Chine ? J’essaie de questionner les représentations de l’originalité et du cliché à travers des objets qui ont un symbolisme différent des deux côtés de la Méditerranée.”

 

Des Rives , du 6 mai au 6 juillet, Fondation Alliances, Casablanca

 

lccprogram.org

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