L’artiste syrienne qui célèbre le corps des femmes

Les sculptures de Malda Smadi sont une ode à l'acceptation de soi

bySarah Ben Romdane

«Moi et la plupart des femmes que je connais avons des sentiments mitigés à propos de nos seins», déclare Malda Smadi, artiste syrienne âgée de 32 ans. Alors que la campagne «Free the Nipple» est devenue un énorme mouvement et un grand phénomène en Occident appelant à l’action en faveur de l’autonomisation des femmes, dans le monde arabe, parler du corps des femmes et de la sexualité est encore assez tabou. Mais avec ses sculptures aux poitrines généreuses et colorées, Smadi est prête à engager la conversation.

 

 

«Nous les sexualisons ou les jugeons comme peu attrayants», dit Smadi en se référant aux seins des femmes et à la manière dont ils sont perçus dans la région. Ce qui a commencé comme un exercice de sculpture est rapidement devenu une série intime qui explore le corps de la femme. «Ce que j’essayais de faire depuis le début, c’était de normaliser la nudité, de cesser de craindre nos seins ou d’avoir honte de ceux-ci. Et j’ai eu l’impression qu’un petit mouvement de libération se déroulait dans mon entourage », explique-t-elle en racontant comment ses amies ont réussi à se réapproprier  leurs corps en participant au projet.

 

 

L’expérience a presque été perçue comme une illumination thérapeutique pour Smadi et ses amies, qui, en posant topless, ont eu l’impression que, pour la première fois, elles s’échappaient sans équivoque des limites du regard et de la fantaisie de l’homme. En représentant différentes variations du corps féminin et en normalisant la nudité, Smadi espère voir la nouvelle génération de femmes s’affranchir du prisme du contrôle patriarcal et s’accepter elles-mêmes. «Nous supprimons les chaînes», dit-elle.

 

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