Pourquoi nous devons sauver ce cinéma de Beyrouth

Le premier et unique cinéma d’art et d’essai du Liban est officiellement menacé

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Le premier et seul cinéma d’art et d’essai du Liban, Metropolis Empire Sofil, pourrait être menacé de fermeture. Fondé en 2006, l’institution de Beyrouth est connue pour la projection de films indépendants ambitieux de la région et au-delà, proposant des films de grande qualité au grand public.

Le Liban est devenu l’un des points chauds du cinéma ces dernières années, où certains des cinéastes les plus ambitieux de la région, qui défendent une plus grande diversité dans les discours, proviennent.

« Certains de mes meilleurs souvenirs sont lorsque le public dans nos deux salles bondées a chanté Happy Birthday au réalisateur Joshua Oppenheimer, nominé aux Oscars, qui était notre invité et a présenté son film primé » The Look of Silence «  », a déclaré la directrice fondatrice du Metropolis, Hania Mroue, « ou lorsque Catherine Deneuve a assisté à l’ouverture des Journées du cinéma de Beyrouth pour présenter son film ‘Je Veux Voir’ sur la guerre de juillet 2006. »

Retrospective Randa Chahal - Launching Cinematheque Beirut 2018 2Mais comme association à but non lucratif, Metropolis est constamment à la recherche de financement et de sponsoring. Et les trois dernières ont été difficiles. «La crise économique et financière dans le pays rend encore plus compliquée le recours aux sponsors et donateurs privés. En outre, le versement du soutien symbolique annuel que nous recevons du ministère de la Culture est retardé de manière injustifiable, en raison de procédures bureaucratiques ou d’une décision du ministère des Finances », explique M. Moue.

Alors que la lutte pour sauver le cinéma devient de plus en plus urgente, ils ont lancé leur première collecte de fonds en août dernier et ont depuis lors annoncé une activité de collecte de fonds au Musée Sursock de Beyrouth, le 1er octobre.

En tant que seul cinéma accueillant des films à petit budget et leur permettant d’avoir leur durée de vie normale (qui peut aller jusqu’à deux mois), il contraste vivement avec les autres cinémas du pays: «Un film est parfois retiré même quatre jours après sa création. courir », dit M. Moue, soulignant que cela est dû au manque d’argent qui parvient au guichet.

Retrospective Randa Chahal - Launching Cinematheque Beirut 2018 1Bien que l’industrie cinématographique soit en plein essor au Liban, Mroue craint que d’autres espaces indépendants ne soient rayés de la carte si Metropolis Empire Sofil est obligé de fermer ses portes.

En ces temps troublés comme le nôtre, les films peuvent non seulement changer le monde, mais aussi nos cœurs. En reflétant des histoires inédites à l’écran ou en nous faisant voir la vie sous un autre angle, les films nous rapprochent tous.

Et en proposant une forme de cinéma intime et axée sur la communauté, des lieux comme Metropolis Empire Sofil ont littéralement le pouvoir de nous unir pour de vrai. Nous devons nous battre pour le faire survivre.

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