Tania George, la marque jordanienne qui monte

La collection aux pastels délavés se veut éthique avant tout.

bySarah Ben Romdane

“Après être rentrée en Jordanie, tout m’a paru différent. J’aimais déjà très fort mon pays avant, mais je me suis mise à l’aimer plus encore et à le voir avec un œil différent. Il me donnait envie de raconter son histoire à travers les vêtements que je créais”, dit Tania Haddad, fondatrice de sa marque éponyme Tania George.

 

 

Née et élevée dans la capitale Amman, Tania a étudié le stylisme au Polimoda Fashion Institute de Florence. Au cours d’un stage chez le célèbre fabricant de textile italien Stamparia Fiorentina à Prato, elle s’est découvert un amour pour le design textile et les imprimés. Elle s’est ensuite rendue à New-York pour travailler avec plusieurs marques, de Tibi à Moises De La Renta, avant de rentrer chez elle en 2015.

 

 

Ce que veut Tania, c’est trouver l’équilibre entre l’artisanat traditionnel, le design et les tendances contemporaines. “L’idée est de mélanger le moderne et le traditionnel, de combiner l’ancien et le nouveau, ce qui revient à faire la synthèse entre la simplicité et le chaos”, dit-elle.

 

 

Sa dernière collection, photographiée par l’Irakien Cheb Moha, présente une collection unisexe intitulée “Chibs, Bibs, Canary”, qui est également connue sous le nom de RECESS et qui évoque à la fois le rêve, les pastels délavés et l’enfance.

 

 

“Ma collection explore les joies enfantines du passé; le plaisir à tenir dans les mains une canette de Pepsi, un sac de chips ou une gaufrette Canary à Amman, explique Tania. Aujourd’hui, le bonheur est beaucoup plus difficile à trouver. La collection nous ramène à des jours plus simples et nous suggère d’apprécier les petites choses de la vie.”

 

 

Les tailleurs locaux du Moyen-Orient, qui ont hérité leurs compétences de leurs traditions familiales, de génération en génération, ont réalisé tous les vêtements à la main. La production des collections a été confiée à trois tailleurs, Um Bayan de Palestine, Seta d’Irak et Abdel Razzaq de Syrie. “Leurs manières de faire et leurs techniques, qui sont uniques, voilà ce qui a permis à la marque de devenir une entreprise qui valorise le patrimoine. Oui, nous sommes mignons, mais Tania George, c’est beaucoup plus qu’un simple souvenir de barbe à papa…”

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