Netflix diffuse enfin du contenu arabe dans le monde entier

Et les réalisatrices montrent la voie

by

“Chez Netflix, le vrai divertissement ne repose pas uniquement sur l’exportation de contenu américain à l’échelle internationale. Nous voulons partager des histoires du monde, avec le monde entier”, nous a confié Nuha El Tayeb, directrice des Acquisitions de contenu pour Netflix MENA. 

Rien que ces deux dernières années, le géant du streaming a sorti sa toute première série originale en arabe, Jinn, en 2019, a fait connaître à ses 190 millions d’abonnés des classiques régionaux comme Madarasat al Mochaghibin, et s’apprête à produire de multiples séries et films arabes dirigés par des femmes. 

Sans parler des 44 films arabes de leur catalogue, dont les classiques de Youssef Chahine et Capharnaüm de Nadine Labaki, lauréat d’un Oscar, ou encore la bourse que Netflix a mise en place pour soutenir la création libanaise après l’explosion dévastatrice de Beyrouth. 

“Le monde arabe est incroyablement riche, et les préférences de ses habitants diffèrent des préférences occidentales, mais aussi diffèrent d’un pays à un autre au sein de cette même région”, a ajouté M. El Tayeb. “Le monde arabe a une riche histoire de récits, et nous la fouillons pour trouver les meilleures histoires et les meilleurs narrateurs”. Ahmed Sharkawi, le directeur des séries originales Netflix arabes and africaines, a d’ailleurs lancé un appel d’offres aux créateurs arabes en novembre dernier

“Nous sommes convaincus que les meilleures histoires viennent de n’importe où et peuvent être aimées partout. Par exemple, La Casa De Papel a connu un succès extraordinaire en Arabie Saoudite”, explique El Tayeb.

En d’autres termes, ils veulent donner la possibilité au contenu arabe de se frayer un chemin même dans les régions les plus reculées du monde. 

“L’élargissement de notre bibliothèque de contenus arabes nous permet de fournir aux talents et aux cinéastes locaux une plateforme pour avoir des fans dans le monde entier”, explique-t-elle.  

L’entreprise, en passe de concrétiser son projet, a approuvé des contenus produits localement à la fois anciens et nouveaux, et a même collaboré avec le puissant studio saoudien Telfaz11 pour produire huit longs métrages exclusifs à partir de fin 2021. 

L’entreprise veille également à ce qu’il n’y ait pas que des hommes sous le feu des projecteurs, et n’hésite pas à s’engager en faveur de l’égalité des sexes. Selon El Tayeb, il est crucial de promouvoir les créatrices dans une industrie majoritairement dominée par les hommes. Le géant du streaming met de plus en plus en avant des femmes cinéastes arabes comme Nadine Labaki, Anne Marie Jacir et Hana Al Omair sur les écrans du monde entier.

“Les femmes cinéastes arabes ont des histoires magnifiques, complexes et nuancées à raconter; des histoires qui ont le pouvoir de toucher les gens non seulement dans le monde arabe, mais aussi dans le monde entier. Les femmes arabes racontent ces histoires depuis des décennies”, dit-elle. 

“Nous les avons sollicitées parce qu’il est important pour nous de donner à plus de gens la chance de voir leur vie représentée à l’écran. Cela inspire de la fierté et évite les représentations simplistes. Avoir plus de femmes derrière la caméra a aussi un fort impact sur les femmes devant la caméra.”

Netflix ne s’est pas contenté d’ajouter des films réalisés par des femmes à son catalogue, l’entreprise produit également ses propres films. L’année dernière, la plateforme a annoncé la sortie d’un nouveau drame féminin émouvant avec l’actrice tunisienne Hend Sabry, ainsi qu’une série à venir, Al Rawabi School For Girls, réalisée par la Jordanienne Tima Shomali et dirigée par une équipe entièrement féminine.

“Une diversité de pensées, de cultures, d’origines et de perspectives est indispensable pour créer une plateforme de narration véritablement mondiale. Nous sommes tous modelés par l’environnement qui nous entoure et, avec le divertissement, le croisement de l’identité personnelle et du choix créatif est non seulement précieux, mais fait partie intégrante d’un récit authentique », déclare El Tayeb.

“La culture et la langue sont nuancées, et une compréhension de ce constat nous apporte une perspective dont nous avons besoin pour raconter des histoires mondiales à une audience hétérogène. Nous voulons que les différentes origines de nos collaborateurs aient un impact positif sur Netflix.”

Partagez cet article